Sur le terrain

Les forêts à marantacées, les plus proches des savanes dans le nord, constituent un habitat idéal pour les éléphants et les gorilles et, en conséquence, détiennent la biomasse de mammifères la plus élevée connue jusqu’à présent des forêts pluviales tropicales. C’est une aire protégée clé pour des primates comme le spectaculaire mandrill et le rare colobe noir. Des études récentes ont découvert de nouvelles espèces de plantes, de grenouilles, de lézards, de serpents, de papillons, dont nombre d’entre elles sont uniques à la Lopé.

La Station d’Étude des Gorilles et des Chimpanzés (SEGC) a fait connaître ce site dans le monde scientifique. La Lopé est assurément le meilleur endroit en Afrique pour découvrir l’étonnant mandrill — qui fut décrit par Darwin comme le plus spectaculaire mammifère du monde. Le groupe de primates sauvages le plus important connu à ce jour — 1.350 mandrills réunis - a été recensé ici en 1996. La Lopé abrite également de grandes populations de gorilles et de chimpanzés, et les densités d’éléphants les plus élevées en Afrique forestière. 

 

La Station d’Étude des Gorilles et des Chimpanzés (SEGC) a été fondée

en 1983 par le Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF) afin d’étudier l’écologie et le comportement des gorilles et des chimpanzés sympatriques. Depuis 1992, elle est cogérée par Wildlife Conservation Society (WCS). Avec plus de 150 articles scientifiques, six livres et neuf thèses de doctorat, elle est devenue une référence internationale pour les chercheurs en écologie tropicale, et a publié des travaux pionniers sur l’écologie, le comportement et la santé des grands singes, l’histoire et la dynamique de la forêt, l’archéologie et la paléoécologie, la biologie des mandrills et des autres primates, des éléphants de forêt et des buffles, et la biodiversité en général. De nombreuses nouvelles espèces de plantes et d’animaux ont été décrites pour la science, à partir de collectes effectuées à la Lopé. 

 

Les trente-quatre années de données ininterrompues sur la pluviométrie, les températures journalières, sur les circuits phénologiques mensuels qui suivent la floraison, la fructification et la pousse des feuilles de 1 000 arbres de 60 espèces différentes, sont peut-être d’une importance globale encore plus conséquente. En effet, cette base de données gigantesque a révélé que les températures basses de la saison sèche déclenchent la floraison d’environ 20% des espèces de plantes dont les fruits sont consommés par les gorilles et les chimpanzés (et dans certains cas par les hommes ! ). Cela suggère que le réchauffement global en cours au XXIe siècle pourrait avoir des implications inattendues et graves pour la forêt tropicale et les espèces qui y vivent - un ensemble de plantes-clés pourrait tout simplement arrêter de fleurir, et donc disparaître.     

Le Gorille se nourrit essentiellement de fruits et préfère la vie en forêt
Le Gorille se nourrit essentiellement de fruits et préfère la vie en forêt

La station de recherche

Avant

Aujourd'hui


 

 

Un point d'observation de la Lopé SEGC /ANPN Les activités qui y sont menées : Biodiversité ; biomasse Nasa Esa ; phénologie, balise Argos éléphant, mandrills colliers ; lidar, carbone, ecotrop



Le centre de formation CEDAMM

Que signifie cette appellation  CEDAMM ?

Oui, le CEDAMM (complexe Educatif

Dr. Alphonse Mackanga Missandzou) est le centre de formation de la Wildlife Conservation Society du programme Gabon situé dans le Parc National de Lopé. Il a été inauguré en 2006. Depuis lors, le CEDAMM est devenu l’un des lieux privilégiés pour les formations professionnelles continues des secteurs forêt-environnement-conservation. Au Gabon, cette activité de renforcement des capacités revêt un aspect particuliè-rement important. Parmi ses partenaires nationaux, il faut inclure l’Agence Nationale des Parcs Nationaux,

le Ministère des Eaux et Forêts, l’Ecole 

nationale des Eaux et Forêts et plusieurs universités. Le centre a également une dimension sous-régionale et des participants en provenance de plus de 7 pays d’Afrique Centrale.

Un voyage dans le temps : 400 000 ans d’Histoire Humaine

Les outils en pierre taillée de l’Âge de la pierre ancien découverts sur les rives de l’Ogooué prouvent que nos ancêtres ont vécu dans cette vallée il y a très longtemps (au moins 400.000 ans). Il s’agit d’une des implantations humaines continues les plus anciennes dans le monde. Les vestiges de l’Âge de la pierre récent et du Néolithique (de 50 000 ans au début de l'ère chrétienne) révèlent une grande sophistication dans la fabrication des outils. 

Les migrations de l’Âge du fer à la Lopé

Il y a environ 2 500 ans, la Lopé a dû connaître un grand changement avec l’immigration des populations à l’Âge du fer dans la vallée de l’Ogooué, apportant leurs armes et outils de fer terriblement efficaces. On peut supposer que les dessins gravés sur les rochers par ces nouveaux arrivants, représentant leurs couteaux de jet offensifs, provoquaient la peur chez ceux qui les voyaient. Ces arrivants se sédentarisent, établissent leurs villages au sommet des collines en savane, fabriquent des poteries et fondent le fer. Plus de 2 000 gravures rupestres existent dans la vallée, constituant un très important patrimoine culturel. 

Gravure rupestre de couteau de jet Doda
Gravure rupestre de couteau de jet Doda

Disparition et réapparition

Entre 600 et 1 100 après J.C. , l’Homme a mystérieusement disparu de cette région (comme dans la majorité de l’Afrique centrale). Au XIIe siècle, la civilisation est réapparue, avec des tribus connues pour fabriquer des poteries caractéristiques jusqu’au XXe siècle. En 1870, l’explorateur Savorgnan de Brazza a été le premier européen à s’aventurer aussi loin sur l’Ogooué, jusqu’à la Lopé. Aujourd’hui, la Lopé est connue des archéologues du monde entier : un des premiers témoignages de l’existence de l’homme (en particulier dans une zone non sèche). 

Pots traditionnels de La Lopé
Pots traditionnels de La Lopé