Gabon, LOPÉ , 1 - 4 Octobre 2018

Retour de mission

Nous revenons sur la mission d’évaluation du programme CAWHFI pour le compte de l’UNESCO, qui a eu lieu du 1er au 4 octobre 2018 au Parc national de LOPÉ-OKANDA. 

En effet, le site mixte « nature-culture » a eu la visite de Madame Annie-Claude Nsom Zamo, coordinatrice régionale CAWHFI, accompagnée dans sa mission, d’un observateur indépendant, Monsieur Floris Déodatus. La mission avait pour but d'évaluer principalement la bonne progression du programme sur le terrain. C’est par la route et la piste, depuis Libreville en compagnie du géoarchéologue, le Dr Richard Oslisly, responsable de l’exécution du programme, que la petite délégation est arrivée à destination, après un périple de sept heures. Le correspondant permanent, Monsieur Prosper-Prost Ntoutoume Mba, conservateur-adjoint en charge du patrimoine mondial et du tourisme du Parc national de la Lopé à l’agence ANPN, déjà sur place, a rejoint l’équipe.

L’évaluation

a débuté au kilomètre 259, en bordure de la route nationale deux (N2), avec l’emplacement du nouveau panneau, souhaitant la bienvenue aux visiteurs du Patrimoine mondial et la direction à suivre pour s’y rendre. (Panneau biface comportant des informations généralistes.)

Le parcours

jusqu’à la destination finale, La Lopé, est alors jalonné de différentes pancartes de délimitation des ensembles historiques des zones représentatives rencontrées. Durant le trajet, le Dr Oslisly a montré le travail accompli par l’équipe de jalonneurs pour remplacer l’ancienne signalétique, souvent effacée par l’usure du temps. 

Les jalonneurs

Une équipe de jalonneurs a été constituée pour le remplacement des anciens panneaux. Elle a été composée de pisteurs locaux, d'écogardes et du conservateur-adjoint de La Lopé. Un travail de longue haleine mené aux  abords de la route et à travers la brousse.

 


Le Dr Oslisly a apporté des informations sur les découvertes culturelles et archéologiques proches de la route menant au Parc. L’évaluation s’est poursuivie avec ses précisions sur l’impact écologique qu’a représenté un tel aménagement (pistes et voie ferrée) et la nécessité de créer des zones tampons pour protéger les ensembles historiques.

Tout proche de l’arrivée et aux abords du fleuve de l’Ogooué, s’est dressé le complexe hôtelier de la Lopé, une des références touristiques de la région et de son potentiel en la matière. Après la prise de ses quartiers et une légère collation terminés, la recherche de la faune locale commença sans tarder. Vaillante équipe ! La promesse de voir, juste avant la tombée de la nuit, un des cinq « big five » (éléphant, buffle, gorille, panthère, mandrill) du Patrimoine était très motivante.

 

Au bout de quinze minutes de recherche, les premiers buffles (photos) sont aperçus. Belle donne, d’un point de vue touristique. Cette vision marquait la fin de la première journée d’évaluation et des premiers constats.

Ces buffles sont sortis à la tombée de la nuit et la luminosité décline rapidement.


évaluation : jour 2

L’évaluation à mi-parcours du programme CAWHFI a rythmé la deuxième journée par les visites des gravures rupestres de Kongo Boumba  et de la découverte de la faune avoisinante. Une visite sur d’anciennes pistes forestières, pour rendre le parcours des visiteurs encore plus attrayant, a permis de constater la faisabilité de la réouverture des dites pistes et de les incorporer aux trajets balisés déjà existants du Parc. La diversité des paysages des forêts-galeries et l’étendue de la savane sont une des particularités séduisantes du Parc. 

les gravures rupestres


Une halte à la station d’études des gorilles et des chimpanzés (SEGC), en compagnie du Directeur de la recherche, Monsieur David LEHMANN, qui nous a éclairés sur le matériel utilisé pour suivre les déplacements, effectuer le recensement des populations et groupes de mandrills, petits singes, panthères, éléphants et autres espèces d’animaux présents sur le Parc. Il a également informé la délégation de l’impact écologique certifié qu’avait le changement de température de la planète sur la zone d’observation des primates, avec la modification et la disparition de certaines espèces botaniques endémiques.

Le rôle de la station a aussi pour mission de former futurs guides touristiques spécialisés sur la vision des animaux. Il est bon de rappeler que ce site d’observation est une référence mondiale en matière de recherches scientifiques et que ses relevés servent de base de travail à de nombreux centres de recherches internationaux.


évaluation : jour 3

Le troisième jour a débuté par une réunion de travail avec la présentation structurelle du Parc et le déroulé du programme prévisionnel des directives CAWHFI dans son exécution. Réunion menée par le Dr Oslisly et présentée à la délégation par le conservateur adjoint, Prosper-Prost Ntoutoume Mba. Une visite administrative au sous-préfet de la Lopé a suivi cet exposé. Bien que la teneur de la visite soit restée confidentielle, il est à supposer qu’un recueil de doléances respectif a été échangé.

 

Le point culture avec la visite de l’écomusée a été très instructif. La délégation a été encadrée en partie par de jeunes écoguides féminines qui ont mis en pratique certains points de leur enseignement. Un bref arrêt à la barrière électrique à alimentation solaire a eu lieu. Cette barrière électrique est installée sur une zone pilote du parc. Elle répond à la problématique « homme-faune » que rencontrent les villageois de la Lopé, particulièrement avec les éléphants qui dévastent leurs cultures. Une solution prise en concertation avec la population a facilité le travail de sensibilisation sur la protection de la faune. Il faut souligner que le système utilisé n’est pas du tout létal pour ces animaux, protégés par de nombreuses conventions internationales. (photo barrière + panneau solaire)

la barrière solaire


archéologie à ciel ouvert

Presque au coucher du soleil, le Dr Oslisly a tenu à nous faire découvrir un incroyable site archéologique à ciel ouvert, d’une carrière de pierres taillées, de différents volumes, qui a servi à façonner des outils de chasse, des pointes de flèches et d’autres ustensiles de la vie commune des habitants de l’époque, présents sur ce site. L’état de leur conservation est impressionnant. 

Une dernière observation de buffles et d’éléphants a marqué la fin de cette ultime journée au Patrimoine mondial de la Lopé.

Sur la piste du retour au camp de base, quelques oiseaux nocturnes, en pause sur le sol, se sont envolés, apeurés devant les phares de notre véhicule.


Retour sur Libreville : jour 4

Un retour sur Libreville, en début de matinée, 8h15 a été programmé. Le voyage s’est déroulé sans encombre pour la délégation, en ayant maintenu une vigilance de tous les instants. 

 

Les conclusions de l’évaluation se sont avérées satisfaisantes.

 

NB. Il est à noter que le consultant communicant-webmestre du site www.pmlope.org, Eric Goudjo, accompagnait également la délégation sur l’invitation du Dr Oslisly.